Mali : les groupes armés et l’armée accusés de violences contre les civils
Les combats qui secouent le Mali depuis les offensives coordonnées du JNIM et du FLA en avril ont basculé dans une escalade dramatique. Selon un rapport récent, les forces en présence — incluant l’armée malienne et les supplétifs russes d’Africa Corps — seraient responsables de graves atteintes aux droits des populations civiles.
Des exactions généralisées dénoncées par les observateurs
L’organisation Human Rights Watch (HRW) alerte sur la multiplication des violences ciblées envers les habitants. Les affrontements, déclenchés après l’assaut du JNIM et du FLA contre plusieurs bastions gouvernementaux, auraient déjà fait au moins 13 morts et 25 blessés parmi les civils dans les régions de Gao et Kidal.
Un témoin de Kidal, un homme de 38 ans, a été grièvement blessé lors des combats. « J’ai été touché par des éclats d’obus à l’épaule droite et à la cuisse gauche », confie-t-il, précisant que « les tirs provenaient de toutes parts, sans qu’il soit possible d’identifier l’auteur ».
Destructions, exécutions et violations des droits humains
Le rapport de HRW met en lumière plusieurs cas de dévastation systématique. Entre le 6 et le 21 mai, le JNIM aurait incendié plus de 40 véhicules civils sur les routes menant à Bamako. Dans la localité de Tonka, un habitant aurait été exécuté sommairement sous les yeux de la population. « Son corps présentait une blessure par balle à la tête », témoigne un riverain.
L’armée malienne n’est pas épargnée par les accusations. HRW évoque la mort de 38 civils, dont 23 enfants, lors d’opérations militaires menées contre des communautés peules dans le centre du pays. Deux frappes de drones présumées, à Guimbé et Tené, auraient également causé des dégâts considérables. « Un bruit sourd a retenti avant une déflagration. Les dégâts étaient immenses, avec des victimes parmi les habitants », raconte un résident de Tené.
Des preuves accablantes compilées par HRW
Pour étayer ses constats, l’ONG a mené 34 entretiens avec des témoins, analysé des images satellites, des vidéos et des photographies. Malgré une demande d’éclaircissements adressée aux autorités maliennes, aucune réponse n’a été obtenue.
De leur côté, le JNIM a justifié ses actions en déclarant : « Aucune guerre ne peut se dérouler sans conséquences humaines ». Quant au FLA, il affirme avoir « pris toutes les précautions nécessaires pour protéger les civils des effets collatéraux des combats ».
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