14 mai 2026

Mali : les experts de l’ONU alertent sur les restrictions des partis politiques

Le Mali face aux critiques des Nations unies sur la suspension des partis politiques

Un groupe d’experts indépendants des Nations unies a tiré la sonnette d’alarme concernant les récentes mesures prises par le gouvernement malien. Selon eux, l’adoption d’un projet de loi remettant en cause les droits politiques fondamentaux et la signature d’un décret suspendant temporairement les activités des partis politiques violent les principes internationaux des droits humains.

Dans un communiqué conjoint, ces spécialistes ont dénoncé une violation flagrante des libertés d’association et d’expression, soulignant que ces décisions risquent de marginaliser davantage les acteurs politiques dans le paysage malien.

Un projet de loi en contradiction avec les engagements internationaux

Les experts rappellent que le projet de loi, adopté fin avril, conditionne l’enregistrement des partis politiques et les candidatures à des dépôts financiers élevés. Une mesure qui, selon eux, limite drastiquement l’accès à la participation politique aux seuls acteurs économiques puissants, excluant de fait les formations moins favorisées.

« Plutôt que de réguler la prolifération des partis par des règles électorales équitables, le gouvernement malien impose des contraintes financières disproportionnées », ont-ils déclaré. Ces contraintes, couplées à la suspension des activités politiques, sape les fondements d’une démocratie pluraliste.

Des consultations contestées

Le gouvernement justifie ces mesures en invoquant les résultats des Assises Nationales de la Refondation de 2021 et des consultations d’avril 2025 sur la révision de la Charte des partis politiques. Pourtant, les experts dénoncent un processus opaque, dans un contexte marqué par la répression des opposants et des journalistes indépendants.

Plusieurs partis politiques ont d’ailleurs boycotté les consultations d’avril 2025, craignant que le gouvernement de transition n’utilise ce cadre pour dissoudre certaines formations ou restreindre leurs activités. Une suspicion renforcée par la proposition, également validée par le Conseil des ministres, de nommer le général Assimi Goita à la présidence pour cinq ans sans élections.

Appel urgent au respect des droits humains

Les experts des Nations unies exhortent le Conseil national de transition, présidé par le général Malick Diaw, à rejeter le projet de loi. Ils proposent également leur assistance pour réviser le texte afin de le rendre conforme aux normes internationales en matière de droits humains.

Ils rappellent que la liberté de réunion pacifique est un pilier essentiel d’une démocratie saine. Les autorités maliennes sont donc appelées à garantir ce droit et à éviter toute forme d’intimidation ou de répression envers les manifestants. Plusieurs appels à des rassemblements publics ont déjà été lancés par les partis politiques, malgré des perturbations signalées lors des dernières mobilisations.

Des mesures qui trahissent les engagements du Mali

Ces décisions, selon les experts, s’écartent des engagements nationaux et internationaux pris par le Mali en matière de droits humains. Ils insistent sur la nécessité de préserver l’espace civique et de favoriser un environnement politique inclusif, propice au dialogue et à la participation citoyenne.