Dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, la rébellion de l’AFC/M23 maintient son emprise, consolidant ses positions grâce à un soutien militaire constant des Forces rwandaises de défense (RDF). Cette assistance, cruciale pour leurs opérations dans l’est de la République démocratique du Congo, est à nouveau mise en lumière par un rapport du Groupe d’experts des Nations unies. Ce document, présenté au Comité du Conseil de sécurité le 8 mai 2026, a été examiné le 5 juin 2026.
Notre analyse de ce rapport révèle la persistance de la présence des RDF, avec des renforts continuellement acheminés vers le Nord-Kivu et le Sud-Kivu. Les experts y détaillent l’implication des forces rwandaises sur divers fronts, soulignant l’emploi de technologies militaires avancées, incluant des capacités de guerre aérienne. Les RDF apportent un soutien opérationnel décisif à l’AFC/M23, manifestant une aptitude à déployer rapidement des moyens spécialisés tels que drones, équipements de guerre électronique et forces spéciales.
Le document souligne par ailleurs que les RDF ont mené des interventions dans des secteurs, comme Uvira, où aucune activité des FDLR n’avait été enregistrée. Cette observation jette une ombre sur la justification de légitime défense avancée par Kigali pour son intervention militaire, présentée comme de simples « mesures défensives ».
Selon les conclusions du rapport, le déploiement des RDF dans l’est de la République démocratique du Congo atteignait, en décembre 2025, une estimation prudente de 8 000 à 10 000 hommes au Sud-Kivu et de 6 000 à 8 000 au Nord-Kivu. Depuis, aucun retrait significatif n’a été observé, les mouvements se limitant essentiellement à des rotations et à l’arrivée de nouveaux renforts.
Le rapport précise que les RDF ont pris possession de positions stratégiques avancées, orchestrant des offensives et créant des corridors opérationnels pour le M23. Les experts des Nations unies confirment que chaque unité de combat du M23 opérait sous la supervision et le soutien militaire du Rwanda.
« Le personnel des RDF était intégré à des bataillons mixtes aux côtés d’éléments du M23, notamment des unités de commandos originaires de Bigogwe, Rubavu et Cyangugu. Récemment, des éléments des RDF déployés en République démocratique du Congo ont commencé à utiliser des uniformes du M23 afin d’éviter d’être repérés. Pour les mêmes raisons, les mouvements de troupes étaient principalement effectués de nuit », détaille le rapport du Groupe d’experts des Nations unies, mettant en lumière des tactiques de dissimulation.
Cette nouvelle publication des experts de l’ONU survient dans un contexte où la situation sécuritaire et humanitaire dans l’Est de la RDC ne cesse de se dégrader, en dépit de l’Accord de Washington et de multiples réunions d’évaluation. Les relations entre Kinshasa et Kigali demeurent tendues, chaque partie interprétant différemment les clauses de l’accord, ce qui complique et retarde sa mise en œuvre, un an après sa signature ministérielle. C’est un défi majeur pour la diplomatie africaine.
Le processus de Doha, sous l’égide du Qatar, connaît des difficultés similaires. Après plusieurs rounds de pourparlers, Kinshasa et l’Alliance du Fleuve Congo (AFC)/M23, avec le soutien militaire du Rwanda, n’ont pas réussi à surmonter leurs désaccords fondamentaux. L’étape de Montreux, en Suisse, censée relancer les négociations, n’a pas non plus porté ses fruits. Les engagements pris n’ont pas été honorés, et la dégradation du contexte sécuritaire au Moyen-Orient a malheureusement éclipsé ce dossier crucial pour l’actualité africaine, freinant les initiatives de médiation et la quête de souveraineté Afrique.
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