14 juillet 2026

Afrique Horizon

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Les déclarations percutantes d’Ousmane Sonko à Touba et Mbacké

Le récent déplacement d’Ousmane Sonko dans les villes saintes de Touba et Mbacké s’est transformé en une véritable plateforme politique, où le leader a prononcé des discours incisifs et des réquisitoires marquants. Suite au lancement de la campagne de vente de cartes, le président du Pastef a tenu une autre assemblée à Ngacc. C’est là qu’il a vivement critiqué certains responsables politiques, les accusant de se plier aux volontés du chef de l’État dans l’unique espoir d’acquérir des postes de pouvoir. Selon Sonko, ces individus « se pressent aux portes du palais présidentiel avec l’ambition de devenir ministre de la République », une conduite qu’il estime incompatible avec les valeurs fondamentales du Pastef.

Face à cette course aux postes, il a mis en avant l’éthique de ses propres cadres : « Un ministre de Pastef ne se livre ni au vol, ni à la surfacturation des marchés. Si son honneur est compromis, il démissionne sans hésiter. » Puis, dans un rappel de l’identité de son mouvement, il a affirmé : « Posséder toutes les richesses ne sert à rien si l’on doit s’incliner devant autrui. Nous sommes des hommes et des femmes de principes. »

Une autre déclaration retentissante du leader pastefien a concerné le transfert présumé de fonds publics illicites vers la ville sainte. « Récemment, des sommes d’argent ont été acheminées à Touba. Il s’agit de l’argent du pays et c’est de l’argent volé », a-t-il déclaré avec force, ajoutant que cette manne « n’est pas destinée à la politique pure », mais plutôt à répondre à des « exigences d’ordre politique ». Cette allégation est susceptible de déclencher une controverse majeure, impactant indirectement la délicate gestion des liens entre le pouvoir exécutif et la cité religieuse.

Le moment le plus intense de son allocution fut sans doute une interpellation directe adressée au président Bassirou Diomaye Faye. Ousmane Sonko a rapporté les paroles qu’il prête au chef de l’État à l’égard des directeurs généraux affiliés au Pastef : « Vous ne pouvez pas être mes directeurs généraux et travailler pour l’élection d’une personne en 2029. »

Dénonçant cette mise en garde, Sonko a rétorqué avec audace : « S’il le désire, qu’il défenestre tous les directeurs généraux de Pastef dès mercredi. » Il a tenu à souligner que ces cadres « possédaient déjà une profession et percevaient des revenus bien supérieurs, pour la majorité d’entre eux », avant leur désignation, suggérant ainsi qu’ils ne dépendent pas de ces fonctions pour leur subsistance.

Le leader de l’Assemblée nationale a par ailleurs critiqué la démarche du président, estimant que ce dernier devrait se concentrer sur « d’autres préoccupations » plutôt que de transformer les responsables du Pastef en « figures messianiques ». Il a terminé son intervention par une mise en garde sévère concernant les nominations en série : « Il risque d’entraîner ce pays dans la déroute avec ces directeurs généraux qu’il nomme sans discernement. » Cette déclaration manifeste une rupture nette et publique, signalant des relations entre Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye qui apparaissent plus tendues que jamais.