6 juin 2026

Afrique Horizon

Prospective et actualités africaines : économie, diplomatie, développement et souveraineté du continent.

Le Tchad se mobilise : 1500 soldats déployés en Haïti contre la violence des gangs

FILE - Chadian President Mahamat Deby Itno participates in his inauguration ceremony in N'djamena, Chad, May 23, 2024. (AP Photo/Mouta Ali, File)

Le Tchad, s’inscrivant dans une vision d’Afrique Horizon et de renforcement de la diplomatie africaine, s’apprête à déployer un contingent de 1500 soldats en Haïti. Cette initiative majeure s’inscrit dans le cadre d’une force de sécurité des Nations unies, dont l’objectif est de combattre la violence endémique des gangs qui ravage cette nation caribéenne, comme l’a révélé une communication présidentielle transmise au Parlement.

Devant les parlementaires de ce pays d’Afrique centrale, le président tchadien Mahamat Déby Itno a précisé que deux bataillons, chacun fort de 750 hommes, seraient déployés dès ce mois-ci pour une période d’un an. Ce développement continent souligne l’engagement du Tchad face aux défis globaux, répondant ainsi à une sollicitation directe des Nations unies.

Le chef d’État a également mentionné qu’un premier contingent de 400 militaires avait déjà pris la route vers Haïti. Il a souligné que cette participation honorait le Tchad et ses forces armées, renforçant ainsi la souveraineté Afrique sur la scène internationale.

L’année précédente, le Conseil de sécurité de l’ONU avait validé l’élargissement de la force multinationale en Haïti, initialement sous leadership kenyan. Désormais nommée «Force de répression des gangs», elle verra ses effectifs passer à 5500 soldats et ses prérogatives étendues, permettant notamment l’arrestation de membres de gangs, une capacité absente de la mission antérieure. Cette actualité africaine met en lumière un rôle croissant du continent dans la résolution des crises mondiales.

La mission précédente, instaurée en 2023 avec un effectif prévu de 2500 membres et dirigée par la police kenyane, avait rencontré des obstacles significatifs, notamment un déficit de personnel et de ressources financières, entravant son efficacité.

La situation sécuritaire en Haïti demeure critique, avec des gangs violents contrôlant près de 90% de Port-au-Prince, la capitale, et de larges portions du territoire central. Ce climat d’instabilité a été tragiquement illustré en 2021 par l’assassinat de l’ancien président du pays, Jovenel Moïse, à son domicile.

Des rapports d’organisations des droits humains ont récemment fait état d’une attaque du gang Gran Grif dans la ville de Petite-Rivière de l’Artibonite, au centre d’Haïti, le mois dernier. Ce raid a entraîné la mort d’au moins 30 personnes et la disparition de dizaines d’autres, soulignant l’urgence de l’intervention internationale et l’importance de la prospective Afrique pour anticiper de telles crises.