14 mai 2026

Le Sénégal s’apprête à marquer l’histoire avec les JO de la jeunesse à Dakar

« Le Sénégal sera prêt ». À moins de six mois du coup d’envoi, les autorités affichent une détermination sans faille. La capitale, Dakar, est en pleine effervescence pour finaliser l’organisation des prochains Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ), prévus du 31 octobre au 13 novembre. Initialement attendus en 2022 et reportés en raison de la crise sanitaire, ces 4es JOJ d’été marquent un tournant historique : il s’agit de la toute première compétition olympique organisée sur le sol africain.

Un enjeu de rayonnement pour le continent

Le sommet « Africa Forward », qui se tient ce lundi à Nairobi sous l’égide de la France et du Kenya, met l’accent sur le sport comme moteur de développement. Ce défi résonne particulièrement au Sénégal, où Ahmadou al-Aminou Lo, Ministre d’État chargé du suivi de la transformation Sénégal 2050, supervise un comité de veille rigoureux. Pour cet ancien cadre de la BCEAO, l’enjeu dépasse les frontières nationales : c’est l’image de toute l’Afrique qui est en jeu. L’objectif est de prouver la capacité du continent à piloter des événements planétaires.

L’événement accueillera 2 700 jeunes compétiteurs internationaux, âgés de 17 ans au maximum. Au programme, 25 disciplines sportives et 10 activités d’engagement se partageront 153 épreuves, réparties équitablement entre les catégories masculines et féminines, complétées par sept compétitions mixtes.

Babacar Senghor, coordonnateur du projet des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ), devant les plans de la piscine. (S. Cherkaoui/L'Équipe)

La propreté urbaine comme priorité absolue

Outre la logistique et la sécurité, le Sénégal mise sur une transformation radicale de son cadre de vie. « Notre première médaille sera celle de la propreté », martèle le ministre Lo. S’inspirant de Kigali au Rwanda, référence africaine en la matière, Dakar a lancé un plan d’action massif pour améliorer la gestion des déchets et l’esthétique de ses rues, afin d’offrir un visage impeccable aux visiteurs du monde entier.

Une alliance stratégique avec Paris 2024

La coopération internationale joue un rôle clé, notamment à travers l’Alliance Dioko. Cette convention, établie en 2019, favorise le partage d’expérience entre les comités d’organisation de Paris 2024 et de Dakar 2026. L’ambassadrice de France au Sénégal, Christine Fages, souligne que cette synergie a permis d’intégrer une trentaine d’experts français au sein des équipes sénégalaises. Parallèlement, la Learning Academy a formé plus de 400 jeunes aux métiers de l’événementiel sportif.

Sur le plan financier, un prêt de 80 millions d’euros de l’AFD a été débloqué pour la réhabilitation d’infrastructures majeures. Ce financement concerne notamment le Stade Iba-Mar-Diop et le complexe de la Tour de l’oeuf, qui abrite la piscine olympique. En complément, l’ambassade soutient des projets locaux comme l’académie de judo du lycée Lamine Gueye.

Vue aérienne du point E. (S. Cherkaoui/L'Équipe)

Des chantiers modernes pour un héritage durable

Dans le quartier Point E, les travaux de la piscine olympique et des bassins de plongeon entrent dans leur phase finale. Le site, géré par Sogea-Satom, intégrera des dispositifs d’économie d’eau et d’énergie. Outre la natation, le complexe accueillera le basket 3×3, le breaking et le skateboard. La remise des clés est prévue pour le 15 août, permettant une phase de test avant l’ouverture officielle.

La nouvelle piscine olympique en construction. (S. Cherkaoui/L'Équipe)

L’après-jeux est déjà au cœur des réflexions. Les autorités souhaitent que ces installations profitent durablement à la jeunesse, qui constitue la moitié de la population nationale. Le gouvernement ambitionne également de dynamiser l’économie du sport et le tourisme d’affaires, avec pour objectif de multiplier par deux la contribution de ce secteur au PIB d’ici 2050.