le Gabon de Oligui Nguema trace sa voie souveraine

Libreville — Assis dans les locaux de la Cité de la Démocratie, le président gabonais a livré une vision ambitieuse lors d’un entretien exclusif. Face aux questions de la presse internationale, Brice Clotaire Oligui Nguema a exposé sa feuille de route pour un Gabon souverain, résilient et tourné vers l’avenir.
Un an après son élection triomphale avec plus de 94 % des suffrages, le chef de l’État a choisi ce cadre symbolique pour détailler les fondements de sa politique. Entre réformes structurelles et réaffirmation de la souveraineté nationale, son discours marque une rupture avec les pratiques du passé.
Des réformes à l’épreuve du temps
Critiqué pour la lenteur de certains chantiers, notamment dans les secteurs de l’énergie et de l’eau, Oligui Nguema a défendu une approche pragmatique. « Transformer un pays ne se décrète pas en un an », a-t-il souligné, évoquant un mandat de sept ans dédié à des objectifs de long terme.
Malgré les difficultés rencontrées par les populations, le président a mis en avant des investissements massifs dans les infrastructures énergétiques, dépassant les 800 milliards de francs CFA. Pour lui, la priorité reste la cohérence des actions plutôt que les résultats immédiats, une méthode qui pourrait redéfinir l’action publique gabonaise.
L’économie au cœur de la souveraineté
Le président a marqué les esprits en abordant la question économique sous l’angle de l’indépendance. Concernant les négociations avec le Fonds monétaire international, il a insisté sur la nécessité d’un audit préalable des finances publiques avant tout engagement. Une position qui reflète sa volonté de reprendre le contrôle des leviers économiques nationaux.
Le secteur minier a également été au centre de ses déclarations. L’annonce de l’interdiction de l’exportation du manganèse brut à partir de 2029 illustre cette volonté de valorisation locale. « Le Gabon ne sera plus le fournisseur de matières premières non transformées », a-t-il affirmé, envoyant un message clair aux partenaires industriels comme le groupe français Eramet. Les usines de transformation devront être fonctionnelles avant la date butoir, sous peine de sanctions.
Une diplomatie d’équilibre et de partenariat
Sur la scène internationale, le président a balancé entre affirmation de souveraineté et maintien de relations stratégiques. Il a confirmé sa visite d’État en France en juillet 2026, soulignant la solidité des liens entre Libreville et Paris. La rétrocession du Camp de Gaulle aux autorités gabonaises a été présentée comme le fruit d’une collaboration constructive, loin des tensions observées ailleurs en Afrique.
Concernant l’offre américaine d’accueil de migrants expulsés, Oligui Nguema a clairement indiqué que cette proposition ne correspondait pas aux intérêts du Gabon, démontrant une capacité à dire non sans rompre les ponts.
L’héritage et l’avenir du pouvoir
Le président a abordé avec mesure la question de l’ancien président Ali Bongo Ondimba, évoquant son état de santé et laissant entendre que les responsabilités des dérives passées devaient être évaluées objectivement. Mais c’est surtout sa déclaration sur la fin des dynasties politiques qui a retenu l’attention. « Le Gabon ne connaîtra pas une succession familiale du pouvoir », a-t-il affirmé, réaffirmant son attachement à un septennat renouvelable une seule fois.
Entre ambition et réalités
Cet entretien a révélé une doctrine politique structurée autour de cinq piliers : souveraineté économique, transformation locale des ressources, rééquilibrage des partenaires internationaux, réformes progressives et engagement pour l’alternance démocratique. Reste à mesurer l’impact de ces annonces sur le terrain.
Avec un capital politique encore solide, Oligui Nguema mise sur une promesse simple : construire un État maître de son destin. Les Gabonais, eux, attendent des actes concrets. Car si les intentions sont louables, c’est bien la réalisation des promesses qui déterminera l’avenir de son mandat.
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