15 juillet 2026

Afrique Horizon

Prospective et actualités africaines : économie, diplomatie, développement et souveraineté du continent.

Le Cameroun intensifie sa lutte contre le trafic illicite d’or

Une rencontre stratégique pour l’avenir de l’or au Cameroun

Le mardi 14 juillet 2026, une séance de travail capitale s’est tenue au Ministère du Commerce, marquant une étape décisive dans la volonté du Cameroun de réformer sa filière aurifère. Cette réunion visait spécifiquement la restructuration du secteur et le renforcement des mécanismes de traçabilité de l’or, des initiatives clés pour le développement continent.

Sous la présidence éclairée du Pr Fuh Calistus Gentry, ministre par intérim des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique (MINMIDT), cette rencontre a rassemblé une pléiade de hauts fonctionnaires. Étaient notamment présents les Directeurs généraux des Douanes, des Impôts, du Trésor public, ainsi que le Directeur général de la SONAMINES et le Secrétaire permanent du SNPPK, témoignant d’une volonté unie de renforcer la souveraineté Afrique sur ses ressources.

Une stratégie globale contre le pillage aurifère

Les discussions se sont concentrées sur des axes majeurs : l’établissement d’une traçabilité rigoureuse de l’or, la réorganisation complète de la chaîne de valeur aurifère, et l’optimisation de la synergie entre les administrations concernées. Cette approche collaborative est perçue comme un levier essentiel pour dynamiser la perception des recettes fiscales, endiguer les flux informels et, in fine, augmenter les bénéfices de l’État tirés de l’exploitation de l’or, un enjeu clé pour l’actualité africaine économique.

Cette mobilisation des autorités camerounaises s’inscrit dans une série d’actions visant à mieux encadrer l’exploitation des richesses minières et à instaurer une gouvernance exemplaire du secteur aurifère. Face à un pillage de ses ressources aurifères, le gouvernement du Cameroun a initié une vaste campagne, à la fois judiciaire et économique, afin d’assainir l’ensemble de la filière et de protéger son patrimoine.

L’ampleur du manque à gagner : des milliards en jeu

Cette détermination gouvernementale découle directement des révélations de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE). Les données de l’ITIE ont mis en évidence une disparité alarmante : seulement 22 kilogrammes d’or étaient officiellement enregistrés à l’exportation par les services douaniers, tandis que plus de 15 tonnes d’or d’origine camerounaise étaient déclarées à leur arrivée aux Émirats arabes unis. Ce phénomène de trafic or Cameroun représente une hémorragie financière considérable, avec une estimation de plus de 2 000 milliards de francs CFA de pertes sur une période de cinq ans, incluant un déficit fiscal direct de 165 milliards de francs CFA. Une situation qui interpelle la prospective Afrique et la diplomatie africaine pour une meilleure gestion des ressources.