14 mai 2026

L’Alliance des États du Sahel lance des frappes aériennes conjointes au Mali

Les forces conjointes anti-jihadistes, composées du Niger, du Burkina Faso et du Mali, ont exécuté d’« intenses campagnes aériennes » sur le territoire malien. Cette action fait suite à une série d’attaques perpétrées par des groupes jihadistes liés à Al-Qaïda et des séparatistes touaregs, a annoncé le gouvernement nigérien en fin de semaine dernière.

Ces derniers jours, le Mali a été le théâtre de la plus vaste offensive en près de quinze ans, menée par les jihadistes et leurs alliés séparatistes touaregs. Ces attaques ont conduit à la prise de Kidal, une ville stratégique du nord, et ont causé la mort du ministre de la Défense, Sadio Camara.

Le Mali, le Burkina Faso et le Niger, trois nations sahéliennes voisines, constituent l’Alliance des États du Sahel (AES). Cette alliance a mis sur pied une force conjointe de 5 000 hommes pour lutter contre les groupes jihadistes, effectif qui a été porté à 15 000 à la mi-avril.

Les autorités nigériennes ont salué « la riposte prompte et vigoureuse des unités de la force unifiée… qui ont mené d’intenses campagnes aériennes dans les heures suivant les lâches attaques du 25 avril 2026 à Gao, Ménaka et Kidal », a déclaré le gouvernement du Niger jeudi soir après une réunion du cabinet.

Quelques heures après le début des assauts, Mohamed Elmaouloud Ramadane, porte-parole des rebelles touaregs maliens du Front de Libération de l’Azawad, avait enjoint le Burkina Faso et le Niger à « rester en dehors des événements en cours au Mali ».

Les trois nations membres de l’AES sont actuellement dirigées par des juntes militaires, arrivées au pouvoir par des coups d’État entre 2020 et 2023.

Ces attaques contre la junte militaire malienne et ses soutiens paramilitaires russes ont plongé l’ancienne colonie française dans une profonde crise sécuritaire.

Lors des obsèques de Sadio Camara jeudi, Celestin Simpore, ministre de la Défense du Burkina Faso, s’exprimant au nom de l’AES, a promis de « traquer » les « assassins ».

Un élan de solidarité

Le même jour, environ un millier de personnes se sont rassemblées dans la capitale nigérienne, Niamey, pour exprimer leur « solidarité avec le peuple malien », comme le montrent des images en direct diffusées sur les réseaux sociaux.

Au Centre Culturel Djado Sekou, la foule scandait des slogans tels que « À bas les impérialistes », « À bas les terroristes et leurs commanditaires » et « Vive l’AES », tandis qu’une photographie de Sadio Camara était brandie.

Effred Mouloul, un représentant de la coalition des groupes de la société civile à l’origine de l’événement, a déclaré : « Au peuple malien, nous disons : ‘Vous n’êtes pas seuls, les forces vives du Niger et de l’AES se tiennent à vos côtés et vous expriment leur entière et complète solidarité.’ »

Il a également reproché aux dirigeants africains un « manque total de solidarité visible face à l’assassinat ciblé » de leaders maliens et a réclamé le retrait de la présence française du territoire de l’AES.

Les autorités nigériennes ont accusé des puissances étrangères, notamment la France, de soutenir les attaques du week-end au Mali. Le Niger a maintes fois reproché à la France de chercher à le déstabiliser, une allégation que Paris dément formellement.

Pour des raisons de sécurité, le gouvernement nigérien a annulé les défilés du 1er Mai à travers tout le pays.