La République Démocratique du Congo est confrontée à une épidémie d’Ebola d’une ampleur préoccupante. Les chiffres officiels de l’Institut national de santé publique (INSP) font état de 1 003 cas enregistrés et de 254 décès, révélant un taux de létalité moyen d’environ 25,3 %.
L’écrasante majorité des cas et des décès est concentrée dans la province de l’Ituri, une région isolée du nord-est congolais, où les violences de groupes armés compliquent la situation. L’Ituri représente 91,3 % des contaminations et 80,7 % des vies perdues.
Bien que la capacité de dépistage de la RDC se soit considérablement améliorée depuis le début de l’épidémie, contribuant à une augmentation des cas recensés, les organisations humanitaires internationales et les ONG présentes sur le terrain s’accordent à dire que le bilan réel est encore bien plus élevé que les statistiques officielles.
Au total, trois provinces congolaises sont touchées par le virus : l’Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, abritant une population estimée à 15 millions d’individus. La maladie a également franchi les frontières, atteignant l’Ouganda voisin, où vingt cas confirmés et deux décès ont été déplorés.
Une riposte sanitaire confrontée à de multiples obstacles
En Ituri, la stratégie de riposte sanitaire, axée sur l’isolement des patients et le traçage des contacts, a été intensifiée. Cependant, sa mise en œuvre demeure difficile et peine à s’organiser efficacement.
À ce jour, aucun vaccin ni traitement spécifique n’est disponible pour le virus Bundibugyo, souche responsable de cette épidémie. Les vaccins développés jusqu’à présent se sont avérés efficaces uniquement contre le virus Zaïre, à l’origine des plus grandes épidémies d’Ebola connues.
Dès les premières semaines de l’épidémie, les hôpitaux locaux ont été rapidement submergés. Les centres de traitement Ebola, établis par la suite avec l’appui de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et de diverses ONG, affichent déjà un taux d’occupation supérieur à 80 %.
Plus d’un mois après la déclaration officielle de l’épidémie, les structures de santé, souvent sous-financées dans ce pays parmi les plus pauvres du monde, manquent cruellement d’équipements de protection individuelle et de chlore. Le personnel soignant est particulièrement exposé : 78 professionnels ont été contaminés et 18 d’entre eux ont succombé au virus.
Les efforts des humanitaires et des soignants sont par ailleurs entravés par une forte méfiance des communautés locales. Cette réticence à accepter les prélèvements post-mortem contribue directement à la sous-estimation du nombre réel de cas. Des incidents violents ont été signalés dans des hôpitaux ces dernières semaines, provoqués par des habitants en colère venus réclamer les corps de leurs proches décédés de la maladie.
Les épidémiologistes et les acteurs humanitaires craignent que le pic de l’épidémie ne soit pas encore atteint et estiment que la crise sanitaire pourrait perdurer entre six mois et un an.
L’épidémie a été officiellement déclarée environ deux mois après les premiers décès suspects, signalés autour du 20 mars. Ce laps de temps a permis à la maladie de se propager sans entrave, atteignant des proportions dont l’étendue exacte reste inconnue.
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