La tentative de Kemi Seba de contrer la diffusion des audios Agbaza, lancée le vendredi 26 mars 2026, s’est transformée en un véritable fiasco médiatique en moins de vingt-quatre heures. L’activiste panafricain, confronté à la viralité d’enregistrements sonores où il s’entretient avec le tristement célèbre bandit Agbaza, avait pour objectif d’éteindre l’incendie en publiant une longue vidéo sur ses plateformes. Loin de le sauver, cette intervention a eu l’effet inverse, achevant de convaincre une grande partie de l’opinion publique de l’authenticité de ces fichiers.
Le contre-feu médiatique qui a mal tourné
Dans une séquence vidéo d’une quinzaine de minutes, filmée dans un cadre épuré, Kemi Seba a opté pour une stratégie de contre-attaque. Il y a dénoncé avec véhémence une « manipulation grossière orchestrée par les services occidentaux et leurs relais locaux », accusant ses détracteurs de vouloir « assassiner son combat pour la souveraineté africaine ». Il est allé jusqu’à lancer un vibrant appel à ses sympathisants : « Ne tombez pas dans le piège, ils veulent nous diviser ».
Une reconnaissance implicite aux conséquences directes
Cependant, plutôt que de démentir les audios, Kemi Seba a de manière indirecte reconnu leur existence. Il a admis l’origine de ces enregistrements transférés, sans toutefois contester la substance des échanges ni l’authenticité de sa propre voix. En qualifiant ces enregistrements de « détournés » ou « manipulés » tout en reconnaissant leur circulation, il a lui-même confirmé être l’interlocuteur d’Agbaza. Cette reconnaissance partielle a eu un impact dévastateur, dissipant les doutes sur la véracité des enregistrements et les validant définitivement aux yeux du public.
La sentence sans appel de l’opinion publique
Le discours de Kemi Seba n’a pas trouvé écho auprès du public. Sur les plateformes comme X (anciennement Twitter), TikTok et WhatsApp, les réactions furent massives et sans équivoque. Des milliers de messages, partagés par des internautes de Cotonou à Dakar, en passant par Paris et Bruxelles, ont repris en chœur les mêmes interrogations et affirmations :
- « Il n’a rien démenti de concret »
- « Il a reconnu que c’étaient des audios transférés, donc il valide leur authenticité »
- « Pourquoi il ne porte pas plainte contre ceux qui ont diffusé les audios s’ils sont faux ? »
- « Plus il parle, plus ça sent le vrai »
En quelques heures, des mèmes ont inondé la toile, montrant Kemi Seba s’exprimant face caméra, avec en incrustation des extraits sonores originaux. Le hashtag #AudiosAuthentiques a rapidement dépassé les 2,5 millions de vues en moins de douze heures, témoignant de l’ampleur de la polémique.
Des experts et proches désabusés
Même des analystes et des figures de la société civile, parfois non hostiles à l’activiste, ont exprimé leur sévérité. Un juriste béninois a souligné : « En droit, quand on nie une preuve, on la démonte point par point. Là, il a fait l’inverse : il a hurlé à la conspiration sans jamais expliquer pourquoi sa voix, son phrasé, ses tics de langage et même des détails très précis de la conversation correspondaient exactement à ce que l’on entend sur les enregistrements. » Habib Ahandessi, un ancien proche de Kemi Seba, a renchéri : « C’est pire qu’un aveu. En reconnaissant que ces audios existaient et en les présentant comme des transferts, il a confirmé que les échanges existaient bel et bien. On reconnaît sa manière de parler, ses expressions fétiches, ses références. Personne n’est dupe. »
Au cœur des révélations : financement, terrorisme et coups d’État
Les audios en question, initialement diffusés sur des groupes restreints avant de se propager massivement, révèlent des discussions entre Kemi Seba et Agbaza, une figure notoire du grand banditisme dans la sous-région. Ces échanges portent sur des sujets graves tels que le financement, le terrorisme, des tentatives de coup d’État et la coordination d’actions. Des éléments qui, selon plusieurs sources concordantes, soulèvent de sérieuses interrogations sur les frontières entre le militantisme et la criminalité organisée.
L’écho assourdissant d’un silence
Ainsi, la vidéo de défense de Kemi Seba, loin de calmer les esprits, a produit l’effet inverse : elle a transformé un simple doute en une certitude. Ce qui n’était, quarante-huit heures auparavant, qu’une affaire de fuites embarrassantes, est devenu aux yeux du grand public une confirmation directe de l’intéressé. Contacté, l’entourage de l’activiste a choisi de ne pas réagir à cette nouvelle vague de critiques, un silence qui, une fois de plus, est perçu comme éloquent.
Le débat autour de cette affaire est loin d’être clos, mais un point est désormais clair : en cherchant à se défendre, Kemi Seba a, involontairement, validé l’authenticité des audios le liant au bandit Agbaza aux yeux de milliers d’Africains.
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