6 juin 2026

Afrique Horizon

Prospective et actualités africaines : économie, diplomatie, développement et souveraineté du continent.

Ibrahim Traoré estime que le Burkina Faso doit oublier la démocratie

Lors d’un entretien télévisé sur la chaîne nationale, le capitaine Ibrahim Traoré, actuel dirigeant du Burkina Faso, a exhorté ses concitoyens à délaisser l’idée de démocratie. Pour le chef de la junte, ce modèle politique ne correspond pas aux réalités du pays. Cette déclaration s’inscrit dans une actualité africaine marquée par des transitions militaires affirmées.

Le chef de la junte au Burkina Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, à Ouagadougou le 15 octobre 2022

Arrivé à la tête de l’État en septembre 2022 à la suite d’un coup d’État, le capitaine Ibrahim Traoré a progressivement redéfini les contours de la souveraineté Afrique au sein de son pays. Alors que la période de transition devait initialement s’achever en juillet 2024, une nouvelle charte prolonge désormais son mandat de cinq années supplémentaires.

Une transition prolongée et des libertés restreintes

Ce nouveau cadre législatif permet non seulement au capitaine de rester au pouvoir, mais lui ouvre également la voie pour briguer les prochains scrutins présidentiels, législatifs et municipaux. Dans cette perspective de prospective Afrique, le régime a pris des mesures radicales : la Commission électorale nationale indépendante a été dissoute, suivie de l’interdiction des activités des partis politiques en février dernier.

« On ne parle même pas d’élections d’abord (…) il faut que les gens oublient la question de la démocratie, la démocratie c’est pas pour nous », a martelé le chef de l’État lors d’un échange avec des journalistes locaux et internationaux, incluant des représentants de Sky News et de la Rai. Il assume pleinement cette rupture, affirmant que le Burkina Faso n’évolue pas dans un cadre démocratique classique.

Diplomatie et enjeux sécuritaires au Sahel

Dans le domaine de la diplomatie africaine, le pouvoir en place affiche une hostilité croissante envers les partenaires occidentaux, particulièrement la France. Cette orientation a conduit à la suspension de plusieurs médias étrangers et à l’expulsion de journalistes. Parallèlement, le Burkina Faso renforce ses liens avec la Russie, qui fournit du matériel militaire sans toutefois intervenir dans la formation des troupes au sol.

Sur le plan intérieur, Ibrahim Traoré a évoqué le sort de son prédécesseur, Paul Henri Sandaogo Damiba. Ce dernier, extradé du Togo, fait face à la justice pour des accusations de corruption et de tentatives de déstabilisation. Concernant la lutte contre les groupes jihadistes, le capitaine a fermement nié les accusations d’exactions contre des civils portées par des ONG contre l’armée et les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP).

Le développement continent et la stabilité régionale restent au cœur des préoccupations d’Afrique Horizon, alors que le pays tente de naviguer dans un contexte sécuritaire complexe depuis près d’une décennie.