4 juin 2026

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Gabon : Minlama met en garde contre la récupération politique du mandat d’Oligui Nguema

Quelques mois après les élections présidentielles d’avril 2025, qui ont vu Brice Clotaire Oligui Nguema s’imposer avec plus de 94 % des voix, Dieudonné Minlama Mintogo sort de sa réserve pour alerter sur les dérives possibles de la nouvelle gouvernance. L’ancien candidat à la présidentielle de 2016, habituellement discret, livre une analyse qui promet de nourrir les débats au sein de l’échiquier politique gabonais.

Dans un entretien exclusif, il met en lumière un risque majeur : celui de voir le mandat historique du président Oligui Nguema, fruit d’un élan national sans précédent, se muer en outil partisan. Selon lui, la légitimité exceptionnelle du chef de l’État ne saurait être confisquée par une seule formation politique, au risque de fragiliser l’unité chèrement acquise depuis la Transition.

Un mandat né d’un espoir collectif

Dieudonné Minlama souligne que le score record du président ne reflète pas un soutien inconditionnel à un parti, mais bien une aspiration partagée par l’ensemble de la nation gabonaise. Ce vote massif, selon lui, incarne la volonté unanime de tourner définitivement la page des divisions passées et de bâtir une République apaisée.

« Transformer ce mandat populaire en simple projet partisan serait une erreur stratégique et historique », déclare-t-il. L’ancien opposant craint que cette récupération ne marginalise une partie de la société civile, des responsables politiques et des citoyens qui ont contribué à la refondation institutionnelle.

Éviter une gouvernance exclusive

Pour Dieudonné Minlama, la force du projet porté par Brice Clotaire Oligui Nguema réside dans son caractère fédérateur. La Transition, rappelle-t-il, a été soutenue par des acteurs aux sensibilités variées, unis par un objectif commun : la stabilité et la souveraineté nationale.

Une gouvernance trop restrictive, selon lui, risquerait de briser cette dynamique de rassemblement et de plonger le Gabon dans une logique de République à deux vitesses, où seuls certains bénéficieraient des fruits du changement. Le défi des années à venir sera donc de maintenir cette ouverture, en associant toutes les compétences du pays, indépendamment de leurs affiliations politiques.

Le 30 août comme fondement d’une nouvelle ère

L’ancien candidat à la présidentielle insiste sur l’importance de préserver l’esprit du 30 août 2023, date symbolique du retour à l’ordre constitutionnel. Ce jour-là, les Gabonais ont exprimé une volonté claire : celle d’une transition pacifique et inclusive.

Selon Dieudonné Minlama, le succès ou l’échec de la Ve République gabonaise dépendra de la capacité des autorités à respecter cette promesse initiale. Les 94 % obtenus aux urnes ne doivent pas être perçus comme un pouvoir absolu, mais comme une responsabilité collective à honorer avec prudence et transparence.