4 août 2026

Afrique Horizon

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Gabon : les retombées concrètes de la visite présidentielle à Paris en question

Gabon : les retombées concrètes de la visite présidentielle à Paris en question

Libreville, mardi 4 août 2026 — La visite officielle du président Brice Clotaire Oligui Nguema à Paris, du 19 au 22 juillet, a marqué les esprits par son faste protocolaires. Mais au-delà des discours et des cérémonies, Libreville avait un objectif précis : obtenir des engagements concrets pour relancer l’économie gabonaise. Quels résultats tangibles les citoyens gabonais peuvent-ils espérer de ces échanges ?

Cette mission, conduite par une délégation de plus de 80 acteurs économiques et politiques, a permis de nouer des contacts stratégiques avec des dirigeants français influents. Si les noms des interlocuteurs ont été rendus publics, les détails des discussions restent souvent flous. Pourtant, certains dossiers se dessinent avec une clarté croissante.

Connectivité aérienne : vers un partenariat renforcé entre Gabon et Air France

Dès son arrivée à Paris, le président gabonais a rencontré Anne Rigail, directrice générale d’Air France. Le dossier aérien, crucial pour le pays, pourrait connaître une avancée majeure d’ici la fin de l’année. Un accord de partage de codes entre Air France et Fly Gabon est en effet envisagé. Cette collaboration permettrait à la compagnie nationale gabonaise de commercialiser ses propres billets sous son code IATA, améliorant ainsi la connectivité entre Libreville et Paris.

Pourtant, aucun accord définitif n’a été signé lors de cette rencontre. Les négociations doivent se poursuivre dans les prochains mois pour concrétiser cette promesse. Une meilleure desserte aérienne favoriserait non seulement les voyages d’affaires et touristiques, mais aussi l’attractivité économique du Gabon.

Transformation du manganèse : Eramet s’engage sur une feuille de route ambitieuse

Le secteur minier a également occupé une place centrale lors des discussions à l’Élysée. Eramet, via sa filiale Comilog spécialisée dans l’exploitation du manganèse, a présenté une feuille de route conjointe avec les autorités gabonaises. L’objectif ? Transformer localement jusqu’à 700 000 tonnes de minerai d’ici 2031.

Cette initiative s’inscrit dans une logique de valorisation des ressources locales. Plusieurs pistes sont envisagées, dont la création d’un fonds dédié au label « Fabriqué au Gabon » et le développement d’une filière de biocharbon. Cependant, il s’agit pour l’instant d’un cadre de travail et non d’un engagement financier irréversible. Les prochaines étapes dépendront des études de faisabilité, des financements et des infrastructures nécessaires.

Énergie : Booué, un projet hydroélectrique pour répondre à la demande nationale

Le Gabon fait face à un paradoxe énergétique : un potentiel hydroélectrique sous-exploité malgré une demande croissante. Avec une production actuelle estimée à 700 mégawatts pour une demande dépassant 1 000 mégawatts, le pays doit impérativement diversifier ses sources d’énergie.

Un accord a été conclu entre l’État gabonais, EDF Power Solutions et Gabon Power Company pour le développement du projet hydroélectrique de Booué, sur l’Ogooué. Ce site pourrait générer 400 mégawatts supplémentaires. Cependant, les partenaires se sont donnés jusqu’au 31 octobre pour finaliser un accord de développement. Ce délai marque une étape décisive pour concrétiser ce projet stratégique.

Parallèlement, le Consortium Omega, spécialisé dans les infrastructures énergétiques et hydrauliques, a également été reçu par le président gabonais. Les discussions visent à améliorer l’accès aux réseaux, une priorité absolue pour les populations.

Des attentes légitimes : quand la diplomatie se mesure aux résultats

Si la visite parisienne a permis de formaliser des partenariats et de fixer des échéances, l’heure est désormais aux actes. Les Gabonais attendent des emplois, une énergie plus accessible, des infrastructures améliorées et, in fine, une amélioration de leur niveau de vie. Les prochains mois seront déterminants : accord aérien avant la fin de l’année, avancées sur le manganèse et finalisation du projet de Booué.

La diplomatie économique ne se juge pas seulement au nombre de rencontres ou de documents signés, mais à l’impact réel sur le quotidien des citoyens. Le Gabon, riche en ressources mais confronté à des défis structurels, doit désormais transformer ces promesses en réalités tangibles pour ses habitants.