Une opération militaire menée par un drone dans le village de Kokoloko, situé dans la région de Tillabéri au Niger, a tragiquement coûté la vie à au moins 17 civils, dont quatre enfants. L’attaque, survenue le 6 janvier 2026 sur un marché très fréquenté, a également fait une douzaine de blessés. Human Rights Watch souligne que cette intervention, qui a par ailleurs neutralisé trois combattants de l’État islamique au Sahel (EIS), contrevient gravement au droit international humanitaire.
Une attaque indiscriminée aux conséquences dévastatrices
Le village de Kokoloko se trouve à environ 120 kilomètres de Niamey et à proximité immédiate de la frontière avec le Burkina Faso. Selon les témoignages recueillis, un drone a survolé la zone à plusieurs reprises avant de larguer une munition en plein milieu du marché. Les habitants ont décrit une scène de chaos où des femmes et des enfants, venus pour leurs activités quotidiennes, ont été mortellement touchés.
Les analyses, incluant des vidéos géolocalisées et des données satellites, confirment d’importants dégâts matériels et des incendies provoqués par la frappe. Bien que trois membres de l’EIS, identifiés comme étant présents sur les lieux, aient été tués, les experts rappellent que la présence de combattants ne justifie en rien une attaque indiscriminée contre une population civile.
Appel à la transparence et à l’enquête
La junte au pouvoir au Niger n’a pour l’heure émis aucun commentaire officiel sur cet incident. Face à l’ampleur du drame, les organisations internationales exigent :
- Une enquête impartiale et transparente sur les circonstances de la frappe.
- L’identification et la poursuite des responsables militaires impliqués.
- Le versement d’indemnités justes aux familles des victimes et aux survivants.
La situation sécuritaire dans la région de Tillabéri reste alarmante. En 2025, cette zone a été le théâtre de nombreux affrontements impliquant divers groupes armés, dont le GSIM et l’EIS, ainsi que l’armée nationale. Des incidents similaires, ayant causé des pertes civiles, ont été documentés par le passé à Injar et Tiawa.
La majorité des survivants de Kokoloko, traumatisés par cette tragédie, ont été contraints de fuir vers des localités voisines ou de traverser la frontière vers le Mali, laissant derrière eux leurs foyers et leurs moyens de subsistance.
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