16 juillet 2026

Afrique Horizon

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Diomaye faye rencontre controversée avec macky sall au Sénégal

Une rencontre officielle entre le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye et son prédécesseur Macky Sall, prévue à Dakar, déchaîne les passions. Le chef de l’État actuel doit accueillir l’ancien dirigeant pour solliciter son appui dans la course à la succession d’Antonio Guterres à la tête de l’ONU. Pourtant, cette initiative suscite une onde de choc dans la société civile et parmi les familles des victimes des violences politiques des années 2021-2024.

Un geste politique qui divise

Les associations de victimes accusent le pouvoir en place de manquer à sa promesse de rendre justice. Seydi Gassama, porte-parole des familles de 67 victimes présumées, dénonce un signal politique inacceptable : « L’accueil de Macky Sall par le président Diomaye Faye, sans aucune mesure concrète pour les victimes, équivaut à une trahison des engagements pris. Comment justifier une telle rencontre alors que les responsables des exactions de 2021 à 2024 n’ont toujours pas été inquiétés ? »

Amnesty International Sénégal rejoint cette critique, soulignant l’absence de progrès dans les dossiers judiciaires et les indemnisations promises. Les responsables de l’organisation rappellent que Macky Sall porte une lourde responsabilité dans la répression des manifestations, marquée par des dizaines de morts et des centaines de blessés.

Les promesses électorale non tenues

Lors de sa campagne victorieuse en 2024, Bassirou Diomaye Faye avait fait de la justice transitionnelle une priorité. Pourtant, plus de deux ans après son accession à la magistrature suprême, aucun procès n’a abouti, et les indemnisations restent symboliques. Les victimes dénoncent un double discours : « On nous promet la vérité et la réparation depuis des mois, mais sur le terrain, rien ne bouge », déplore un membre d’un collectif de victimes.

Des observateurs pointent également l’ironie de la situation : alors que Macky Sall brigue un poste international majeur, son bilan au Sénégal reste controversé. Fin mars 2024, une vingtaine d’États africains, dont le Sénégal, avaient déjà rejeté sa candidature à la succession de Guterres, une décision qui avait surpris la communauté internationale.

Répercussions politiques et stratégies d’alliance

Du côté des partisans de Macky Sall, on minimise les critiques. Les responsables de l’Alliance pour la République (APR) estiment que les polémiques sont exagérées. Assane Samb, analyste politique, y voit même une opportunité : « Cette rencontre pourrait servir de catalyseur pour une recomposition du paysage politique. Diomaye Faye, en s’éloignant du Pastef, cherche à fédérer les forces traditionnelles contre son ancien mouvement. Une alliance entre l’APR et ces partis pourrait redessiner les équilibres électoraux à venir. »

Pourtant, cette stratégie comporte des risques. Le Pastef, parti fondé par Ousmane Sonko, reste un acteur majeur de la scène politique sénégalaise. Son silence actuel sur la visite de Macky Sall intrigue, alors que son influence pourrait être décisive dans les prochains scrutins.

Un retour sous haute tension

Cette visite marquera le premier retour de Macky Sall au Sénégal depuis sa démission en avril 2024. Son arrivée coïncide avec une période de tensions sociales récurrentes et de méfiance envers les anciennes figures du pouvoir. Les autorités sénégalaises ont renforcé les mesures de sécurité autour des lieux de rencontre, craignant des débordements.

Quelles que soient les motivations de cette rencontre, une chose est sûre : elle a ravivé les plaies d’un pays encore en quête de vérité et de réconciliation. Entre justice différée et calculs politiques, le Sénégal semble à nouveau au cœur d’un débat brûlant sur son avenir démocratique.