Enlèvement à Zemio, tortures à Berengo : deux Centrafricains livrés aux autorités par les mercenaires russes
Un scénario macabre s’est joué entre Zemio, Berengo et Bangui pour deux jeunes Centrafricains dont les noms résonnent aujourd’hui comme des symboles de l’arbitraire : Antoine Zogonimbou et Mboliloungoule. Après avoir été enlevés dans leur village de Zemio, dans l’est de la République centrafricaine, ils ont subi des sévices à Berengo avant d’être finalement transférés dans les geôles de la gendarmerie nationale à Bangui. Derrière ces actes se profilent les ombres des mercenaires russes opérant sous la bannière de la sécurité du pays.
Les circonstances de leur enlèvement restent floues, mais les témoignages concordants décrivent une opération ciblée. Zogonimbou et Mboliloungoule, deux civils sans lien apparent avec des groupes armés, ont été arrachés à leur quotidien par des hommes armés non identifiés. Leur destination initiale, Berengo, est un lieu connu pour abriter des activités militaires controversées où les méthodes de coercition ne sont pas rares.
De la torture à la détention : le parcours chaotique de deux victimes innocentes
Une fois entre les mains de leurs ravisseurs, les deux hommes ont subi ce que les autorités locales qualifient pudiquement de « traitements inhumains ». Les sévices infligés à Berengo laissent peu de doute sur la brutalité des méthodes employées : coups répétés, privation de soins, interrogatoires musclés dans un climat de terreur. Les proches des victimes, sous le couvert de l’anonymat, évoquent des marques de torture visibles lors de leur transfert vers Bangui.
Leur arrivée dans la capitale centrafricaine marque un tournant inattendu. Au lieu d’être maintenus dans des conditions clandestines, ils ont été officiellement placés sous la garde des forces de l’ordre. Un revirement qui interroge : s’agit-il d’une tentative de légitimation des actions des mercenaires, ou d’une manœuvre pour étouffer l’affaire ? Toujours est-il que cette décision a soulevé de nombreuses questions sur les véritables commanditaires de ces exactions.
Les mercenaires russes, acteurs d’un système opaque en Centrafrique
Les soupçons se portent naturellement vers les groupements paramilitaires russes, dont la présence en Centrafrique est officiellement justifiée par un soutien à la lutte antiterroriste. Pourtant, les faits rapportés par les familles des victimes et les observateurs locaux peignent un tableau bien différent : celui d’une milice agissant en marge de tout cadre légal, avec une impunité quasi totale.
Les méthodes employées à Berengo et le transfert à Bangui révèlent une stratégie délibérée pour semer la peur tout en évitant une condamnation directe. En livrant leurs captifs aux autorités, ces groupes semblent vouloir brouiller les pistes et se protéger derrière une façade de collaboration avec l’État.
Quelle justice pour Antoine Zogonimbou et Mboliloungoule ?
Le sort réservé aux deux hommes à Bangui reste incertain. Officiellement détenus, ils pourraient bénéficier d’une protection relative, mais leur avenir judiciaire dépendra largement des pressions internes et internationales. Les ONG locales dénoncent l’impunité dont jouissent ces groupes armés et appellent à une enquête transparente. Pourtant, dans un pays où l’État peine à contrôler l’ensemble de son territoire, la marge de manœuvre reste limitée.
Une chose est sûre : leur histoire illustre les dangers encourus par les civils en Centrafrique, pris en étau entre groupes armés et mercenaires. Leur cas rappelle aussi les défis auxquels fait face la République centrafricaine dans sa quête de stabilité et de souveraineté.
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