4 juin 2026

Afrique Horizon

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Détention de Nassirou Bodo au Niger : un nouvel activiste derrière les barreaux

L’activiste nigérien Nassirou Bodo a été transféré à la maison d’arrêt de Niamey après avoir été placé sous mandat de dépôt. Cette décision judiciaire fait suite à la publication de messages critiques sur les réseaux sociaux visant les autorités militaires en place. Poursuivi pour diffusion de données susceptibles de troubler l’ordre public, son incarcération s’inscrit dans un climat de surveillance accrue des voix dissidentes au Niger.

Niger. L'activiste Nassirou Bodo écroué après des critiques contre la junte

Après une période de garde à vue, Nassirou Bodo a été présenté devant le parquet avant de rejoindre la prison de la capitale. Cette arrestation marque une nouvelle étape dans les restrictions imposées aux acteurs de la société civile depuis les changements politiques intervenus en juillet 2023.

Un appel à la protestation contre la « violence sociale »

Au cœur de l’affaire se trouvent des publications sur Facebook où l’activiste exhortait les citoyens à manifester leur désapprobation face à ce qu’il qualifie de « violence sociale exercée par l’État ». Nassirou Bodo proposait d’engager des actions de protestation sur une période d’un an.

Parmi les griefs soulevés, il mentionnait explicitement l’insécurité persistante dans plusieurs régions du pays ainsi que les opérations de déguerpissement menées aux abords de l’aéroport de Niamey. Si les autorités justifient ces démolitions d’habitations jugées illégales par la nécessité de prévenir les risques terroristes, l’activiste y voyait une mesure injuste frappant les populations locales.

Un contexte de pression sur la société civile et les médias

Le Niger traverse une période de fortes tensions sécuritaires, confronté aux activités de groupes armés liés à Al-Qaïda et à l’organisation État islamique. Dans ce cadre, le pouvoir militaire a multiplié les interpellations au sein de la société civile et du monde de la presse. Plusieurs figures ont déjà été condamnées pour des motifs tels que l’atteinte à la sécurité nationale ou le complot contre l’autorité de l’État.

La situation demeure préoccupante pour la liberté d’expression. Alors que certains journalistes ont pu retrouver la liberté après des mois de détention, d’autres restent incarcérés. C’est également le cas de Moussa Tchangari, figure emblématique de la société civile, détenu depuis la fin de l’année 2024 pour des accusations graves, témoignant de la complexité de l’actualité africaine dans la région du Sahel.