3 juin 2026

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Crise politique au Sénégal : Sonko contre attaque après son limogeage

crise politique au Sénégal : Ousmane Sonko lance une offensive contre Bassirou Diomaye Faye

Ousmane Sonko lors de la conférence de presse donnée à Dakar le 2 juin

À peine une semaine après son éviction de la primature par le président Bassirou Diomaye Faye, Ousmane Sonko a choisi de répondre avec fermeté. Lors d’une conférence de presse tenue à Dakar, le leader de Pastef et ancien chef du gouvernement a vivement critiqué la gestion actuelle du pouvoir. Bien qu’il ait assuré ne pas vouloir déstabiliser les institutions, il a rappelé que sa formation politique, majoritaire à l’Assemblée nationale, pourrait, si nécessaire, user de son influence pour faire tomber le gouvernement par une motion de censure. « J’ai alerté le président sur cette situation depuis des mois, mais mes avertissements n’ont pas été entendus », a-t-il déclaré.

Ousmane Sonko n’a pas hésité à qualifier le gouvernement dirigé par Al Amine Lô de « dépourvu de toute légitimité politique ». Pour lui, la coalition mise en avant par la présidence ne repose sur aucune assise solide. « Cette coalition ne représente rien », a-t-il asséné, balayant d’un revers de main l’argument des « technocrates ». Il a insisté sur le fait que, en tant que premier parti issu des urnes avec 130 députés sur 165, Pastef incarne la voix du peuple et que gouverner sans lui équivaut à gouverner sans le soutien populaire.

un défi majeur pour la majorité présidentielle

La situation politique actuelle fragilise considérablement l’exécutif. Sans la participation de Pastef, le camp de Bassirou Diomaye Faye se retrouve dans une position délicate, comme le soulignent plusieurs observateurs. Le parti de Sonko, majoritaire au Parlement, détient en effet une influence décisive sur l’adoption des lois et la mise en œuvre des réformes. « La stabilité du gouvernement dépendra de sa capacité à instaurer un climat de confiance avec les députés de Pastef », analyse un analyste politique.

Pour certains commentateurs, l’attitude d’Ousmane Sonko ne relève pas d’une simple cohabitation, mais bien d’une rupture au sein même de la majorité. « Ce n’est pas une opposition classique entre un président et une majorité parlementaire adverse », explique un expert. « C’est une fracture entre deux courants d’un même mouvement, où l’un refuse de participer à un gouvernement sans assise politique ».

Le risque ? Une paralysie institutionnelle. Comment un gouvernement de technocrates, sans base parlementaire propre, pourrait-il faire adopter ses textes face à une majorité absolue détenue par un parti qui mobilise des milliers de militants dans la rue ? La réponse, si elle existe, se jouera dans les prochaines semaines au sein des institutions, mais aussi dans les rues de Dakar.

une légitimité populaire qui pèse lourd

Pour ses détracteurs, Bassirou Diomaye Faye semble avoir tourné le dos à l’héritage qui l’a porté au pouvoir. « Il gouverne aujourd’hui dans un vide politique », résume un éditorialiste. « Légitime sur le papier, car constitutionnel, il manque cruellement de légitimité narrative ». En face, Ousmane Sonko incarne, aux yeux de beaucoup, la mémoire vivante du mouvement Pastef. « Nous étions là avant, nous serons là après », a-t-il lancé, rappelant que son parti reste le garant de l’histoire récente du pays.

Alors que les prochains mois s’annoncent décisifs, une question persiste : comment éviter une crise institutionnelle majeure ? L’équilibre des pouvoirs, déjà fragile, pourrait être mis à rude épreuve. Une chose est sûre, la confrontation entre les deux figures ne fait que commencer.