14 mai 2026

Crise humanitaire au Tchad : le calvaire des femmes réfugiées soudanaises

Le Tchad fait actuellement face à une pression humanitaire sans précédent. Avec plus de 1,3 million de personnes déplacées et de rapatriés, majoritairement des femmes et des enfants, le pays peine à absorber cet afflux massif alors que ses propres infrastructures sanitaires et son économie sont déjà fragilisées par la pauvreté.

L’ombre du conflit au Soudan

Les répercussions des affrontements au Soudan voisin impactent lourdement les populations civiles réfugiées dans l’est du pays. À Abéché, Adré et dans le camp d’Iridimi, situé à plus de 1 000 kilomètres de N’Djamena, la situation des femmes et des filles est jugée préoccupante.

À Adré, à proximité immédiate de la frontière, la simple collecte de bois de chauffage est devenue une activité à haut risque. Les femmes y subissent régulièrement des agressions, du harcèlement et des violences sexuelles dès qu’elles s’aventurent hors des camps. Face à ce climat de peur, des centres spécialisés tentent de favoriser la résilience des survivantes grâce à un soutien psychosocial, des formations et des activités génératrices de revenus.

Le drame des soins de santé maternelle

Le manque d’assistance médicale engendre des conséquences tragiques. À Abéché, le témoignage d’une jeune femme victime d’une fistule obstétricale illustre cette détresse. Mariée à l’âge de 15 ans et abandonnée par son époux après un accouchement difficile sans aide médicale qui a coûté la vie à son enfant, elle a vécu avec cette infirmité pendant près de dix ans avant d’être enfin opérée.

Le directeur exécutif adjoint de l'UNFPA, Andrew Saberton, vêtu d'une tenue médicale et d'un bonnet de protection, observe un incubateur dans une maternité d'un hôpital au Tchad.

Des structures médicales au bord de la rupture

Dans la province du Wadi Fira, les centres de santé sont débordés par l’arrivée continue de nouveaux arrivants. Le camp d’Iridimi concentre une partie des 333 000 réfugiés répartis dans la zone. Les sages-femmes y pratiquent jusqu’à 300 accouchements par mois avec des ressources extrêmement limitées. Les pénuries d’anesthésiants sont telles que la réalisation de césariennes sécurisées devient parfois impossible.

Cette crise sanitaire est accentuée par une baisse drastique des financements. Les budgets alloués à la santé maternelle et à la protection ont chuté de 44 % par rapport à l’année précédente. À ce jour, seulement 2,5 % des 18,7 millions de dollars nécessaires pour l’année 2026 ont été récoltés. Alors que le Tchad affiche l’un des taux de mortalité maternelle les plus élevés au monde (860 décès pour 100 000 naissances), le besoin d’un soutien international urgent est vital pour assurer la survie des femmes et des filles dans l’est du pays.