3 juin 2026

Afrique Horizon

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Côte d’Ivoire : le secteur publicitaire numérique sous haute surveillance

Abidjan mise sur une régulation renforcée pour booster la publicité numérique

Lors d’une rencontre d’échange organisée à Abidjan, le président du Conseil supérieur de la publicité (CSP), Alassane Koné, a présenté les ambitions des autorités ivoiriennes pour transformer le secteur publicitaire en un moteur clé de croissance économique. Cet événement, qui s’est tenu le 2 juin 2026, a permis de mettre en lumière les enjeux liés à la modernisation des pratiques publicitaires dans un contexte marqué par la digitalisation accélérée.

Des défis majeurs à relever pour encadrer le numérique

Le président du CSP a pointé du doigt trois obstacles majeurs qui freinent l’efficacité de la régulation publicitaire aujourd’hui. D’abord, la vitesse fulgurante à laquelle évoluent les technologies numériques, rendant les cadres réglementaires traditionnels obsolètes en un temps record. Ensuite, la nature transnationale des plateformes digitales, qui échappent souvent aux législations nationales, compliquant ainsi leur supervision. Enfin, le besoin urgent de former des experts qualifiés capables de surveiller et d’analyser les contenus publicitaires avec précision.

« Les outils numériques progressent à une cadence que les mécanismes de contrôle peinent à suivre », a souligné Alassane Koné, insistant sur l’urgence d’adapter les dispositifs de régulation aux réalités du terrain. Il a aussi rappelé que les plateformes digitales, dont les activités transcendent les frontières, nécessitent une approche collaborative entre États pour une surveillance optimale.

Une législation ivoirienne pionnière pour encadrer les influenceurs

Pour pallier ces défis, la Côte d’Ivoire a franchi un cap décisif avec l’adoption, fin 2022, de la loi n°2022-979 relative à la communication audiovisuelle. Ce texte novateur impose désormais aux créateurs de contenu comptabilisant plus de 25 000 abonnés de se conformer aux règles en vigueur pour les médias audiovisuels. La Haute autorité de la communication audiovisuelle (HACA) est chargée de veiller au respect de ces dispositions.

Par ailleurs, Alassane Koné a rappelé l’importance de protéger les consommateurs contre les publicités trompeuses. Dans cette optique, la législation ivoirienne exige que toutes les campagnes publicitaires soient soumises à une validation préalable par la Commission de contrôle et de validation (CCV) du CSP. Cette mesure vise à garantir la transparence et la fiabilité des messages diffusés auprès du public.

Des sanctions dissuasives pour les contrevenants

Malgré ces avancées, le président du CSP a reconnu que certaines pratiques publicitaires irrégulières persistent. Face à ce constat, il a averti que les entreprises ou individus en infraction s’exposent à des sanctions financières lourdes, pouvant atteindre 3 à 5 % de leur chiffre d’affaires. En cas de manquement grave, des poursuites pénales peuvent être engagées, entraînant des peines d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à deux mois.

Le marché publicitaire ivoirien, bien que dynamique, reste modeste avec une contribution inférieure à 1 % du Produit intérieur brut (PIB) et un chiffre d’affaires annuel estimé à environ 30 milliards de francs CFA. Cette performance contraste avec celle de certains pays voisins, où des marchés moins développés affichent pourtant des résultats plus prometteurs. Une situation qui souligne l’importance de renforcer les mécanismes de régulation pour libérer tout le potentiel du secteur.