21 mai 2026

Afrique Horizon

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Côte d’Ivoire : des étudiants formés pour révolutionner l’économie circulaire en afrique

Une initiative pionnière pour façonner l’avenir durable de l’Afrique

L’Institut National Polytechnique Félix Houphouët-Boigny (INP-HB) a lancé, via son Centre d’Excellence en Valorisation des Produits (CEA VALOPRO), le Master Économie Circulaire, Transition Écologique et Développement Durable (ECOTEDD) lors d’un séminaire inaugural organisé à Angré. Une démarche ambitieuse visant à repenser les modèles économiques du continent africain.

Ce séminaire, axé sur le thème « Afrique durable, Côte d’Ivoire résiliente : RSE et économie circulaire comme leviers d’un nouveau modèle de développement », a rassemblé des experts internationaux, des décideurs publics, des acteurs économiques et des partenaires techniques. L’objectif ? Échanger sur les défis majeurs de la transition écologique en Afrique, notamment la gestion des déchets, la lutte contre la déforestation et l’accès aux financements climatiques.


L’économie circulaire, clé d’un avenir africain durable

Le professeur Benjamin Yao, coordonnateur du CEA VALOPRO, a souligné l’importance stratégique de cette formation. Selon lui, « l’économie circulaire représente une opportunité unique de transformer les défis environnementaux en opportunités économiques ». Il a illustré cette vision par des exemples concrets, comme la valorisation des déchets agricoles dans les filières anacarde et cacao, démontrant ainsi que « ce que nous appelons déchets aujourd’hui peut devenir une richesse demain ».


Des solutions africaines pour des réalités africaines

Les intervenants ont insisté sur la nécessité de développer des modèles adaptés aux contextes locaux. « Copier les approches occidentales n’est pas une solution viable pour l’Afrique », a expliqué le professeur Yao. « Nous devons concevoir des solutions simples, efficaces et durables, ancrées dans nos réalités socio-économiques. » Cette approche contextualisée a été saluée par les participants, qui y voient une voie prometteuse pour un développement inclusif et résilient.


La RSE : un levier sous-exploité pour la transformation économique

Les débats ont également mis en lumière les limites actuelles de la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE). Malgré une prise de conscience croissante, cette démarche reste insuffisamment intégrée dans les stratégies des entreprises. Plusieurs experts ont rappelé que « la RSE devient progressivement un critère clé pour accéder aux marchés publics ». Ils ont appelé les acteurs économiques à passer d’une communication superficielle à une réelle intégration de ces principes dans leur gouvernance.


Financements climatiques : des ressources sous-utilisées

Un autre sujet central a été abordé : l’accès aux financements climatiques. Les experts ont pointé du doigt un paradoxe : « des fonds existent, mais leur mobilisation reste complexe en raison de procédures lourdes et techniques ». Pour y remédier, ils ont plaidé en faveur de la formation de compétences locales capables de monter des dossiers conformes aux exigences internationales, une étape indispensable pour débloquer ces ressources.


Les étudiants, acteurs clés du changement

Abraham Bosson, délégué de la première promotion du Master ECOTEDD, a exprimé l’engagement de sa génération. « Nous croyons en une Afrique capable d’innover et de valoriser ses ressources locales pour bâtir un développement durable », a-t-il déclaré. Insistant sur la responsabilité historique des jeunes, il a ajouté : « Nous devons devenir des acteurs du changement, porteurs de projets concrets et durables au service de nos pays. »


Pour lui, ce master ne se limite pas à un cadre académique : « Notre ambition est d’impacter directement nos entreprises, nos institutions et nos communautés. » Un objectif ambitieux qui reflète la volonté d’une nouvelle génération de professionnels de contribuer activement à la transformation du continent.


Une formation exigeante et professionnelle

Accessible en ligne et hautement sélectif, ce programme de deux ans vise à former des experts en valorisation des déchets, en RSE, en finance climatique et en montage de projets environnementaux. Avec une forte orientation pratique, il ambitionne de répondre aux besoins urgents du marché en compétences qualifiées pour un développement durable en Côte d’Ivoire et en Afrique.


Cette initiative s’inscrit dans la volonté de l’INP-HB de renforcer le capital humain africain, capable de relever les défis du développement durable avec des solutions innovantes et adaptées. Les organisateurs prévoient un prochain appel à candidatures dans les semaines à venir, dans l’objectif de dynamiser cette filière prometteuse.