Les liens économiques entre le Cameroun et l’Algérie connaissent une accélération remarquable, portée par des engagements concrets et des opportunités commerciales inédites. Une rencontre stratégique, organisée début juillet 2026, a permis de concrétiser des projets ambitieux dans des secteurs porteurs comme l’agroalimentaire et l’agriculture.
Un partenariat renforcé par des acteurs clés
L’audience accordée par le ministre camerounais du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, à Abdallah Boukemmache, ambassadeur d’Algérie au Cameroun, ainsi qu’à Abdel Khemane, PDG de la Holding MADAR, a marqué un tournant dans les relations bilatérales. Cette holding d’État, deuxième groupe économique algérien avec plus de 6 000 employés et quatorze participations dans des domaines variés (tabac, véhicules, agroalimentaire), incarne la dynamique de coopération Sud-Sud recherchée par les deux pays.
« Mon objectif est clair : développer des partenariats durables avec les entreprises camerounaises, en misant sur l’importation de produits phares tels que la banane et le café, tout en investissant massivement dans ces filières », a souligné Abdel Khemane. Avec une capacité financière solide, la Holding MADAR se positionne comme un partenaire idéal pour booster les échanges commerciaux entre les deux nations.
Des négociations avancées et des secteurs prometteurs
Les discussions en cours entre les deux pays ont déjà abouti à plus de quinze accords couvrant divers domaines économiques. L’ambassadeur algérien a révélé que ces négociations ne se limitent pas à des signatures symboliques : elles visent à concrétiser des investissements concrets et à renforcer les flux commerciaux.
Les indicateurs parlent d’eux-mêmes : la liaison aérienne entre Alger et Douala a été intensifiée avec quatre vols hebdomadaires, tandis que les visas consulaires délivrés par l’ambassade d’Algérie à Yaoundé ont bondi de plus de 150 %. Parallèlement, les exportations camerounaises vers l’Algérie ont enregistré une progression spectaculaire de 107 % entre 2023 et 2024.
Si la banane et le café restent les priorités immédiates, d’autres filières comme le cacao et le coton suscitent également l’intérêt de la partie algérienne. Abdel Khemane a confirmé la volonté de sa structure d’investir dans ces secteurs, tant pour l’exportation que pour la transformation locale.
Un calendrier chargé pour accélérer les échanges
Deux réunions décisives sont prévues à Douala le 9 juillet 2026 avec l’Office National du Cacao et du Café (ONCC) et le Conseil Interprofessionnel du Cacao et du Café (CICC), ainsi qu’avec la Société des Plantations du Haut Penja (PHP) pour la banane. L’objectif ? Démarrer sans délai les opérations d’exportation, comme le souhaite la partie algérienne.
Enfin, un forum économique d’envergure est en préparation au Cameroun, réunissant une délégation de chefs d’entreprise algériens. Sous l’égide du président du patronat algérien, cet événement viendra sceller l’engagement des deux pays à transformer leurs intentions en réalisations tangibles, offrant ainsi de nouvelles perspectives aux opérateurs économiques camerounais.
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