31 juillet 2026

Afrique Horizon

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Conflits en RDC : le CICR dénonce les atteintes persistantes au droit humanitaire

Dans l’est de la République démocratique du Congo, les populations civiles subissent de plein fouet les conséquences d’un conflit qui persiste à ignorer les principes fondamentaux du droit international humanitaire. Malgré les promesses des autorités et des partenaires internationaux, les violations se multiplient, poussant le Comité international de la Croix-Rouge à tirer une nouvelle fois la sonnette d’alarme.

Le CICR a récemment organisé une conférence à Kinshasa pour rappeler l’urgence de mieux faire respecter ces règles essentielles, alors que les groupes armés prolifèrent et que leurs exactions contre les civils s’intensifient. Une situation d’autant plus préoccupante qu’elle touche des millions de personnes déplacées, contraintes de survivre dans des conditions précaires.

Des déplacés sur un site d'hébergement

Les femmes et les enfants, premières victimes des conflits

Les violences sexuelles constituent l’une des atteintes les plus graves aux droits humains dans cette région. Julienne Lusenge, militante chevronnée des droits des femmes, alerte : ces crimes se comptent par milliers, et les victimes sont majoritairement des femmes et des filles. Elle dénonce un manque criant de sanctions internationales contre les auteurs de ces actes.

« Chaque minute, des femmes, des filles et, dans une moindre mesure, des hommes sont victimes de violences sexuelles dans ces zones de guerre« , explique-t-elle. « Or, aucun cas n’a encore été jugé au niveau international. Il est temps d’agir pour sanctionner ces crimes et mettre fin à cette impunité. »

RDC 2025 | des réfugiées avec leurs bagages

Justice militaire : un rôle clé dans la lutte contre l’impunité

Face à cette situation, la justice militaire congolaise affirme mener des procès contre les militaires impliqués dans des exactions. Le général Jean-Paul Tshayikolo, magistrat à la Haute Cour militaire, met en avant l’effet dissuasif de ces procédures : « La justice militaire a pour mission de sanctionner, mais aussi d’éduquer. Lorsqu’un militaire est jugé, sa condamnation sert d’exemple pour dissuader les autres. »

Il reconnaît cependant que l’impunité zéro reste un objectif difficile à atteindre. « Il y a de bons et de mauvais éléments dans l’armée. Notre volonté est de renforcer les capacités des forces de sécurité pour mieux protéger les civils« , précise-t-il.

Une guerre aux multiples visages, qui défie le droit international

Avec plus de 200 groupes armés actifs dans l’est de la RDC, principalement dans le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, l’Ituri et le Tanganyika, les violations du droit humanitaire se multiplient. Les alliances changeantes entre ces groupes rendent l’identification des responsables encore plus complexe.

Leur fragmentation entrave également les mécanismes de dialogue et de contrôle, tandis que la distinction entre civils et combattants, pourtant essentielle, n’est pas toujours respectée sur le terrain. Ces obstacles alimentent l’impunité et compliquent considérablement les poursuites judiciaires.

Dans ce contexte, le CICR appelle à une mobilisation accrue pour faire respecter le droit international humanitaire et protéger les populations civiles, prises au piège d’un conflit qui semble sans fin.