condamnation de Succès Masra : le Tchad maintient son opposant en détention
La Cour suprême du Tchad a tranché : l’opposant Succès Masra restera derrière les barreaux. Jeudi 21 mai, les juges ont rejeté son appel contre une condamnation à 20 ans de prison ferme, prononcée en août 2025 pour « diffusion de messages à caractère haineux et xénophobe » ainsi que pour « complicité de meurtre ».
Un procès qualifié de « politique » par les défenseurs des droits humains
Les organisations de défense des droits humains dénoncent une procédure biaisée. Human Rights Watch estime que le procès de Succès Masra a été « motivé par des considérations politiques ». L’organisation souligne également que son maintien en détention reflète « l’intolérance croissante du régime envers toute forme de dissidence ».
À l’issue de l’audience, l’un de ses avocats, Me Francis Kadjilembaye, a réagi avec amertume : « Malgré les arguments juridiques présentés, la Cour suprême a choisi de confirmer une décision injuste. »
Un climat politique explosif à N’Djamena
Cette décision survient dans un contexte de tensions extrêmes au Tchad. Quelques jours plus tôt, huit responsables de l’opposition avaient été condamnés à huit ans de prison pour « insurrection ». Parallèlement, les autorités ont dissous la principale coalition d’opposition, Les Transformateurs, quelques jours avant ces condamnations. Les partis politiques d’opposition dénoncent régulièrement des « intimidations systématiques » et l’interdiction de manifester.
Le 25 avril dernier, un militant du parti Les Transformateurs a été tué par les forces de l’ordre lors d’un rassemblement exigeant la libération de Succès Masra. Cet événement a encore alimenté la colère de la population et des défenseurs des droits fondamentaux.
De l’opposition au pouvoir… puis à la prison
Succès Masra, économiste formé en France et au Cameroun, s’était imposé comme l’un des principaux adversaires du président Mahamat Idriss Déby Itno. En 2024, il avait accepté le poste de Premier ministre avant de se présenter face au chef de l’État lors de l’élection présidentielle la même année. Selon les résultats officiels, Mahamat Déby avait obtenu 61,3 % des voix contre 18,5 % pour Succès Masra, qui avait contesté ces chiffres et revendiqué la victoire.
Une mobilisation continue malgré la répression
Malgré la répression, des voix s’élèvent pour exiger la libération de l’opposant. Des manifestations ont eu lieu à N’Djamena, tandis que des militants appellent à une intervention des instances internationales. Les Transformateurs ont lancé des campagnes sur les réseaux sociaux avec les hashtags #LibérezSuccèsMasra et #NousSommesTousMasra, symbolisant l’unité des citoyens derrière sa cause.
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