13 juin 2026

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Can 2025 : le Sénégal perd son titre face au Maroc, quelles suites juridiques ?

can 2025 : le Sénégal déchu de son titre de champion d’afrique par la caf

Deux mois après la finale de la can 2025 remportée sur le terrain par le Sénégal (1-0), la Confédération africaine de football (CAF) a infligé une défaite sur tapis vert (3-0) au profit du Maroc. La décision, basée sur les articles 82 et 84 du règlement de la compétition, repose sur le retrait temporaire de l’équipe sénégalaise du terrain pendant une dizaine de minutes. Une annonce qui bouleverse le résultat initialement acquis et soulève des questions sur l’application du droit sportif en Afrique.

Comment interpréter cette décision ? Quels sont les fondements juridiques invoqués par la CAF ? Et surtout, cette situation est-elle inédite dans l’histoire des compétitions continentales ? Éclairage sur un cas exceptionnel qui divise la communauté footballistique africaine.


les articles 82 et 84 du règlement de la caf : quelles conséquences pour le Sénégal ?

La décision du Jury d’appel de la CAF s’appuie sur le chapitre 35 du règlement de la CAN, dédié aux retraits d’équipes. Les articles 82 et 84 y définissent les conditions d’un retrait et ses répercussions sur le résultat d’un match. Contrairement à la notion d’abandon, la CAF a retenu celle de retrait, une qualification juridique cruciale en droit sportif.

En application de l’article 84 du règlement de la CAN, l’équipe nationale du Sénégal a été déclarée forfait pour la finale. Le résultat a été homologué à 3-0 en faveur de la Fédération royale marocaine de football (FRMF).

Cette qualification conditionne l’application des sanctions et peut, comme ici, modifier radicalement l’issue d’une compétition. Une nuance sémantique qui illustre l’importance de la précision juridique dans le sport professionnel.

pourquoi la caf a-t-elle ignoré la décision de l’arbitre de poursuivre le match ?

Le Jury d’appel de la CAF dispose d’un pouvoir souverain pour réévaluer les décisions prises pendant un match. Dans cette affaire, il a choisi de ne pas retenir l’action de l’arbitre, qui avait décidé de reprendre et de terminer le match malgré le retrait temporaire de certains joueurs sénégalais. Une divergence de vues qui pose question sur la hiérarchie des instances sportives.

L’arbitre, selon la loi 5 de l’IFAB, a le pouvoir discrétionnaire de suspendre, arrêter ou reprendre un match en cas d’interférences extérieures ou d’infraction aux règles. Pourtant, la CAF a estimé que cette reprise ne suffisait pas à valider le résultat initial.

« Les décisions de l’arbitre sur des faits en relation avec le jeu sont définitives, y compris le résultat du match. »

Cette situation met en lumière un conflit potentiel entre l’autorité de l’arbitre et les prérogatives des instances disciplinaires, une problématique complexe en droit sportif africain.


un précédent historique en finale de can ?

Cette décision est exceptionnelle : aucun cas similaire n’a été recensé en finale de CAN. Le football africain préfère généralement préserver les résultats obtenus sur le terrain, comme en témoignent deux exemples marquants.

  • Afrique du Sud vs Sénégal (2017) : Un match de qualification pour la Coupe du monde avait été rejoué après la découverte d’une corruption de l’arbitre par des parieurs.
  • Wydad Casablanca vs Espérance de Tunis (2019) : Les Marocains avaient refusé de reprendre le jeu après un litige sur l’utilisation de la VAR, entraînant un forfait.

Dans ces deux cas, la reprise ou la continuation du match n’était pas envisagée, contrairement à la finale de la can 2025 où le Sénégal avait repris la partie jusqu’à son terme. Une nuance qui rend le cas actuel encore plus singulier.

le Sénégal peut-il contester cette décision devant le tas ?

Oui, le Sénégal a déjà déposé un appel auprès du Tribunal arbitral du sport (TAS), une procédure classique en droit sportif. Le dépôt d’un appel s’accompagne d’une déclaration et d’un droit de greffe de 1 000 francs suisses (environ 1 279 dollars).

La Fédération sénégalaise de football (FSF) a également demandé une suspension de la décision de la CAF, lui permettant de conserver son titre jusqu’au verdict final du TAS, attendu dans les prochains mois. Cette affaire, riche en enjeux juridiques, pourrait devenir un cas d’école pour le droit sportif africain, abordant des thèmes comme l’interprétation des règlements, les pouvoirs de l’arbitre ou encore la gouvernance des fédérations.

Une situation à suivre de près, car elle pourrait redéfinir les limites entre le résultat sportif et la décision disciplinaire en Afrique.