14 mai 2026

Burkina Faso : la junte suspend près d’un millier d’associations

Le président de la transition burkinabè, Ibrahim Traoré. © Présidence du Faso

Les autorités de transition du Burkina Faso ont récemment pris des mesures drastiques à l’encontre de nombreuses organisations de la société civile. Au total, 811 associations ont été suspendues et 118 autres ont été dissoutes depuis la mi-avril. Ces décisions, effectives à partir du 12 mai 2026, sont justifiées par un « non-renouvellement de leurs instances dirigeantes » et s’inscrivent dans le cadre des « dispositions légales en vigueur ».

Les entités affectées par ces suspensions opèrent dans des secteurs vitaux tels que la santé, l’éducation, la promotion des femmes et du genre, ainsi que la religion. L’arrêté ministériel précise que durant la période de suspension, seules les démarches visant à régulariser la situation administrative de chaque association sont autorisées.

Une législation renforcée

En juillet 2025, le capitaine Ibrahim Traoré, chef de la transition burkinabè, a promulgué une loi encadrant rigoureusement la liberté d’association, les organisations non gouvernementales (ONG) et les syndicats. Ce texte, tout en reconnaissant le droit d’association, impose des obligations strictes en matière de déclaration, de contrôle administratif et de conformité légale. Les sanctions prévues peuvent aller jusqu’à la dissolution pure et simple des structures.

L’objectif affiché par le gouvernement est de renforcer la transparence au sein de ces organisations, d’établir une cartographie précise des associations et ONG opérant sur le territoire, et surtout, de lutter contre le blanchiment d’argent et le financement du « terrorisme ». Cette initiative vise à mieux contrôler les flux financiers et les activités des acteurs de la société civile.

Dans ce contexte, les ONG internationales ou les associations dépendant de financements étrangers sont régulièrement accusées par le pouvoir en place d’espionnage ou de complicité avec les groupes jihadistes. Fin avril, l’organisation de défense des droits humains Human Rights Watch a exprimé ses préoccupations, affirmant que cette nouvelle législation risquait d’« intensifier sa répression généralisée de la société civile » au Burkina Faso.