13 juillet 2026

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Babacar Bâ dénonce l’opacité des fonds de Sonko au Sénégal

Au Sénégal, la polémique autour des fonds occultes liés à l’ancien régime s’étend désormais aux pratiques de l’actuel gouvernement. Babacar Bâ, figure engagée de la société civile, met en lumière une apparente contradiction dans la posture anti-corruption du Premier ministre Ousmane Sonko. Ce dernier, connu pour son discours combatif contre les circuits financiers opaques, est désormais pointé du doigt pour l’existence d’un fonds politique de 1,7 milliard de FCFA, attribué à son parti, le Pastef.

Une incohérence dans le discours anti-corruption

Depuis l’arrivée au pouvoir en mars 2024, l’exécutif Diomaye Faye-Ousmane Sonko a érigé la lutte contre les caisses noires en symbole de sa rupture avec les pratiques antérieures. Ces fonds, échappant aux contrôles budgétaires classiques, sont au cœur des critiques adressées à l’administration passée. Pourtant, Babacar Bâ souligne que cette dénonciation perd de sa crédibilité face à l’absence de transparence entourant les ressources collectées par le Pastef.

Le montant de 1,7 milliard de FCFA, avancé par le Premier ministre, dépasse largement les standards habituels du financement partisan au Sénégal. La question se pose : ces fonds proviennent-ils de cotisations militantes, dont l’ampleur interroge compte tenu du nombre d’adhérents, ou de contributions externes non divulguées ? Dans les deux cas, l’opacité persiste, alimentant les suspicions.

Un fonds politique en pleine lumière

Le financement des partis politiques reste un sujet peu encadré au Sénégal, où la législation ne fixe ni plafonds pour les dons ni obligations strictes de transparence. Cette lacune juridique favorise les ambiguïtés et nourrit les controverses entre les formations politiques. Pour Babacar Bâ, le paradoxe est flagrant : comment exiger une reddition des comptes des anciens gouvernants tout en tolérant une telle opacité au sein même du parti au pouvoir ?

Le débat porte moins sur la légitimité des ressources mobilisées que sur leur traçabilité. Si le Pastef justifie ces fonds par des cotisations militantes, leur montant interroge. S’ils proviennent de donateurs privés, leur publication détaillée s’imposerait. Or, aucune de ces conditions n’est remplie, ce qui renforce les critiques sur la cohérence des discours.

Un enjeu de transparence qui dépasse les clivages politiques

Les tensions actuelles s’inscrivent dans un contexte marqué par des enquêtes approfondies sur la gestion des finances publiques. Les révélations successives alimentent un débat mémoriel entre les partisans de l’ancienne majorité et ceux du gouvernement actuel. Babacar Bâ propose un angle différent : plutôt que d’opposer les camps, il interroge la crédibilité de la lutte contre les caisses noires si elle ne s’applique pas uniformément à tous les acteurs.

Cette controverse prend une dimension stratégique à l’heure où le Pastef consolide son influence institutionnelle. Pour les observateurs internationaux, la transparence des financements politiques devient un critère clé pour évaluer la gouvernance sénégalaise. Un renforcement législatif, souvent évoqué par les acteurs de la société civile, pourrait émerger comme une solution à cette impasse.

Babacar Bâ appelle ainsi à une clarification publique de la part du Premier ministre sur l’origine et l’utilisation de ce fonds de 1,7 milliard, soulignant que l’exigence de transparence doit primer pour garantir la confiance des citoyens et des partenaires extérieurs.