20 mai 2026

Afrique Horizon

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Afrique : le nucléaire comme levier de développement énergétique équilibré

À Kigali, la capitale du Rwanda, bat actuellement son plein le Nuclear Energy Innovation Summit for Africa, un rendez-vous stratégique où les dirigeants africains échangent sur l’avenir énergétique du continent. Ce sommet, qui rassemble des acteurs clés du secteur, a été marqué aujourd’hui par une intervention remarquée du président togolais Faure Gnassingbé, qui a plaidé pour une approche collaborative et équitable dans le domaine de l’énergie nucléaire.

Dans son discours, le chef de l’État togolais a mis en avant une vision ambitieuse pour l’Afrique, loin des schémas traditionnels d’assistance. « Le continent africain ne souhaite pas être le bénéficiaire passif d’une technologie importée. Il revendique un partenariat équilibré, un marché porteur et une stratégie énergétique souveraine », a-t-il affirmé devant l’assistance. Cette prise de position s’inscrit dans un contexte où plusieurs pays africains renforcent leurs ambitions nucléaires civiles.

L’Afrique accélère son essor nucléaire civil

Plusieurs nations africaines ont déjà franchi des étapes majeures dans le développement de leur infrastructure nucléaire. L’Égypte, par exemple, est en pleine construction de la centrale d’El Dabaa, un projet soutenu par des acteurs internationaux. Parallèlement, l’Afrique du Sud reste le seul pays du continent à exploiter une centrale nucléaire opérationnelle, celle de Koeberg.

Selon les dernières données de l’Agence internationale de l’énergie atomique, de nombreux États africains ont entamé des discussions avec des partenaires étrangers pour concrétiser des projets nucléaires. Ces initiatives visent principalement à répondre à la demande énergétique croissante et à combler les lacunes persistantes en matière d’accès à l’électricité sur le continent.

Uranium, technologies et souveraineté énergétique

L’Afrique dispose d’un atout majeur dans la chaîne de valeur du nucléaire : ses ressources en uranium. Des pays comme le Niger et la Namibie figurent parmi les principaux producteurs mondiaux de ce minerai stratégique, indispensable au fonctionnement des réacteurs. Pourtant, malgré ces richesses naturelles, la majorité des États africains dépendent encore des technologies et des expertises étrangères pour concevoir, construire et gérer leurs installations nucléaires.

Les partenariats en cours reposent ainsi sur des collaborations techniques avec des puissances nucléaires établies, ce qui soulève des questions sur la maîtrise locale des technologies et la pérennité des projets.

Formation, régulations et financement : les piliers d’une stratégie nucléaire réussie

Les débats du sommet ont mis en lumière trois enjeux cruciaux pour le développement du nucléaire civil en Afrique : la formation des compétences locales, l’indépendance des régulateurs et la mobilisation de financements durables. Les experts présents ont souligné l’urgence de former des ingénieurs spécialisés et des spécialistes de la sûreté nucléaire, afin de garantir une gestion autonome des projets.

La création d’autorités de régulation indépendantes a également été identifiée comme une priorité absolue. Ces structures sont essentielles pour encadrer les projets nucléaires et instaurer un climat de confiance auprès des investisseurs et des populations. Enfin, le financement des infrastructures nucléaires, souvent estimé à plusieurs milliards de dollars sur des décennies, reste un défi colossal pour les États africains.

Les prochaines phases du sommet seront consacrées à la finalisation des accords de coopération et à l’élaboration de programmes nationaux ambitieux, afin de concrétiser cette vision d’une Afrique souveraine et innovante dans le domaine énergétique.