Un diagnostic accablant sur les infrastructures sénégalaises
Le Premier ministre Ousmane Sonko a révélé jeudi un constat préoccupant : 245 projets d’infrastructures bloqués, représentant un investissement public de 279 milliards de francs CFA. Ces actifs dormants, selon ses termes, illustrent les dysfonctionnements du système sénégalais en matière de gestion des infrastructures.
Des causes multiples et des conséquences lourdes
Lors d’un conseil interministériel dédié aux infrastructures, le chef du gouvernement a détaillé les racines de ce blocage. Le manque de ressources financières apparaît comme le principal obstacle, suivi par des problèmes techniques et des déficiences administratives. Certains projets, bien que partiellement ou totalement achevés, ne sont ni exploités ni même mis en service.
Ousmane Sonko a souligné l’urgence de la situation : « Ces actifs dormants représentent des pertes colossales pour notre économie ». Il a également pointé du doigt les retards de livraison et les défaillances, attribués à la roublardise, à la négligence et au laxisme des acteurs impliqués.
Des mesures fortes pour relancer les chantiers
Face à ce constat, le Premier ministre a annoncé des décisions radicales. Un comité spécial sera créé à la Primature pour superviser et finaliser le diagnostic. De plus, il a exigé un inventaire complet et exhaustif des projets bloqués, estimant que le recensement actuel est incomplet.
Ousmane Sonko a également insisté sur la nécessité d’anticiper les problèmes techniques, notamment ceux liés au raccordement des réseaux hydrauliques et électriques, pour éviter de nouvelles impasses. Il a rappelé une évidence souvent négligée : « Construire une infrastructure sans prévoir son exploitation est une aberration ».
Enfin, il a exigé une tolérance zéro envers les responsables de ces retards, qualifiant ces blocages de « pertes énormes » pour le pays. Une volonté de rupture avec les pratiques passées, où l’improvisation et l’incompétence ont trop souvent primé.
Un appel à la rigueur et à la responsabilité
Le Premier ministre a lancé un message clair aux services publics : « Il est temps de mettre fin à ces dysfonctionnements ». Il a exhorté les ministères à revoir leurs méthodes de travail et à adopter une approche proactive pour éviter que d’autres projets ne sombrent dans l’oubli.
Cette annonce s’inscrit dans une dynamique plus large de réforme des infrastructures au Sénégal, où l’efficacité et la transparence deviennent des priorités absolues. Une prise de conscience nécessaire pour un pays en quête de développement durable.
Plus d'histoires
La junte malienne piégée par son alliance avec la Russie
Parking Zongo à Cotonou : un géant logistique redéfinit le transport au Bénin
Togo : l’exemption de visa masquée derrière un contrôle numérique renforcé